Domaine du Deffends – Vins Coteaux Varois

Le Vignoble

Au commencement…

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Le Domaine du Deffends existait très vraisemblablement dès l’antiquité, on y a trouvé les vestiges d’une ferme gallo romaine (pierres, tessons, poteries…) ainsi qu’un sesterce ; mais l’activité était sans doute essentiellement consacrée aux oliviers et aux céréales comme en témoigne l’aire de battage.

Lorsque Jacques de Lanversin l’acquit en 1963, il était à l’abandon depuis longtemps. Les chantiers de jeunesse l’avaient occupé un bref temps pendant la guerre. Son idée était de remettre en culture les terres qui l’avaient été (environ 14ha) en privilégiant la vigne eu égard à la nature (argilo-calcaire) et la pauvreté du sol. Il ne songeait pas alors à vinifier mais à produire un raisin de qualité permettant d’élaborer un vin de qualité.

Dans cette perspective il planta d’abord des Grenaches et des Cinsaults puis, ayant observé de près l’expérience conduite à Rians par l’ancien propriétaire de Château la Lagune, Georges Brunet, il choisit d’associer Syrah et Cabernet–Sauvignon pour constituer la base d’ un vin de garde. Cependant, compte tenu des rendements obtenus, le choix initial qui avait été fait de vendre les raisins du fait de leur qualité était compromis. La loi du degré/hectolitre condamnait à une situation de déséquilibre financier sans issue.

Après avoir vainement tenté plusieurs formules de vente de récolte ou d’association, Jacques de Lanversin comprit qu’il était placé face à une alternative radicale et inéluctable : soit arracher toutes les vignes et semer du seigle pour limiter les coûts d’entretien, soit aller jusqu’au terme de la ligne vigne et vin et construire une cave pour vinifier. Ce qui fut fait. Heureusement le pari sur la nature du sol se révéla fructueux et ces terres pauvres, caillouteuses et apparemment arides produisirent des vins dont la qualité fût vite reconnue. En 1995, la plaine de Saint Maximin, jadis entière dédiée à la vigne, s’est, notamment grâce à l’arrivée du Canal de Provence, reconvertie à la polyculture. Des trois caves coopératives qui rythmaient la vie du village, seule une subsiste, l’Amicale. Demeurent 4 caves particulières : Domaine de Saint Jean le Vieux, Vignoble Arnaud, Domaine Saint Mitre, Domaine de la Batelière. On mesurera l’ampleur de la révolution qui a bouleversé l’agriculture locale en 20 ans.

Présentation du Vignoble

bandeau-domaineLe Domaine du Deffends est situé sur les contreforts des Monts Auréliens, en bordure de la voie romaine du même nom. Le sol est calcaire, pauvre et filtrant. Grâce à une déclivité constante et à son exposition privilégiée à l’Est-Sud-Est, le vignoble du Deffends n’a jamais subi les effets du gel.

D’un seul tenant, il était au départ uniquement planté en Aramont. Depuis il s’est étendu jusqu’à 14ha, toujours d’un seul tenant et ce sont maintenant sept cépages qui y sont cultivés :

  • Dès l’origine le choix a été fait de valoriser la Syrah à la couleur cardinale et le Cabernet Sauvignon aux petits grains bien ordonnés dans cet assemblage original qu’est le Clos de la Truffière (Premier millésime en 1982).
  • Le Grenache noir était un incontournable. Son expression, si diverse dans tout le sud, Roussillon, Espagne, Languedoc, Rhône, Provence, difficile à travailler, nous passionne. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls : Sont organisées régulièrement « les journées mondiales du grenache » par Slow Food.
  • Le cinsault, autre cépage local, dont la fougue est tempérée sur notre terroir, nous apporte une fraîcheur bienvenue.
  • Lorsque nous avons souhaité, en 1990, vinifier en blanc, nous avons choisi le Rolle (dit Vermentino en Italie), cépage traditionnel pour sa vivacité et le viognier pour le gras et sa complexité.

Conduite du Vignoble

Brume-2La production est délibérément maintenue à un faible niveau, notamment par une taille courte et, si besoin est, par un enlèvement précoce des fruits. La moyenne annuelle de production est de 35 hl/ La vigne est taillée en cordon de Royat, et palissée sur deux fils plus fils releveurs. Le vignoble est en culture biologique, certifié Ecocert.

La protection phytosanitaire est faite par des produits naturels (souffre, bouillie bordelaise…) appliqués après observation quotidienne de nos vignes, en lien avec les vignerons locaux et les réseaux de surveillance départementaux.

Le vignoble est peu exposé aux maladies traditionnelles de la vigne. Pas ou peu de cicadelle, de tordeuse de la grappe de flavescence, pas de Black-rot, rarement du mildiou et de la pourriture grise. En revanche la pression de l’oïdium est assez forte mais notre vigilence suffit à faire face. Des détails sur ces maladies ici

Nous luttons contre les maladies du bois, principalement l’esca, par prophylaxie : nous enlevons et brûlons les bois morts, désinfectons les outils de coupe, voire les plaies et taille et nous remplaçons les pieds morts. Chaque année nous perdons plusieurs centaines de pieds par cette cause. Des détails sur l’Esca ici

Nous portons un soin attentif au travail du sol pour en maintenir la vitalité. Nous n’utilisons pas de désherbants. Suivant les années et les parcelles nous alternons un enherbement maîtrisé et le labour. L’amendement se fait toujours avec des produits organiques dosés en fonction d’analyse de sol afin de n’apporter que ce qui est nécessaire. Les années séches peuvent entraîner un blocage de la vigne que l’on appelle stress hydrique. Grâce à leur système racinaire âgé de 35 ans profondément ancré dans un sol vivant, nos vignes ont appris à trouver les poches d’humidité caché au cœur du sol et résistent bien au stress.

Comme tout les vignerons, nous sommes directement concernés par le réchauffement climatique qui nous impose des modification culturales. Vous trouverez ci dessous la courbe de nos dates de vendanges et celle du Chateau neuf du Pape.

Vinification

dddedl_07b-Les vendanges sont faites en partie à la main et en partie à la machine. De la vigne à la cave, le grain de raisin ne mets jamais plus de dix minutes, ce qui est la meilleure protection contre l’oxydation.

Le ramassage se fait à l’optimum de maturité phénolique. L’organisation du chantier de vendange et la petite taille de l’exploitation nous permettent de ramasser le raisin dans des délais très brefs si nécessaire et ainsi parfaitement prendre en compte les contraintes météo. Certaines parcelles sont ramassées en plusieurs fois pour choisir les seules grappes, voire partie de grappes, vraiment mûres ou bien faire des essais de maturité.

La vinification de nos rouges est faite dans le plus grand respect de la qualité des baies. Les raisins sont hissés au sommet de la cave dans le même bac avec lequel ils furent recueillis dans les vignes. Le pigeage, vieille méthode bourguignonne qui vise à assurer par brassage physique l’homogénéité des moûts, est systématiquement utilisé. La structure verticale de la cave a été conçue pour limiter au maximum les occasions de pompage et dès lors que le vin a achevé sa seconde fermentation dite « malo-lactique », il descend par gravité dans les barriques de chêne merrain de la cave de garde.

Le rosé est produit par très légère pressée (0,2 bar) car c’est à l’expérience la méthode qui préserve le mieux l’authenticité et la fraîcheur des saveurs des baies. Il termine sa fermentation dans une cuve, séparé du marc de la vendange. Il est composé de cinsault, soutenu par des grenaches.

Les blancs sont produits après macération pelliculaire à froid, pressurage et débourbage par fermentation commencée à froid en cuve ou en barriques (demi-muids) de chêne merrain suivant les caractéristiques des années. Ils sont élevés sur lies avec bâtonnage et ne font pas de fermentation malo-lactique.

Pour nos vins rouges et nos vins blancs nous renouvellons notre futaille toujours dans l’objectif de renforcer l’expression de notre terroir et non pas d’extraire du jus de bois. Nos clients ne doivent pas attraper des échardes en buvant nos vins !

Curieux et passionnés nous sommes en recherche permanente de l’amélioration de nos vins. En approfondissant l’expression des vins que nous produisons régulièrement (Champ de la Truffière, Champ du Sesterce…) ou en produisant des cuvées fruits des particularités d’un millésime (Marie Liesse, Pointes, Rosé des filles…).

Les derniers millésimes

  • 2001 : Vendanges idéales, temps parfait.
  • 2002 : Trop d’eau. Pas de Truffière mais les blancs et rosés sont sauvés.
  • 2003 : Canicule. La vigne résiste et nous livre un millésime atypique mais très beau.
  • 2004: Très belle et petite récolte due à la grêle
  • 2005: Très belle récolte avec un retour aux volumes habituels
  • 2006: Très solaire, petits rendements
  • 2008: Printemps assez pluvieux mais beau temps ensuite. Belle récolte avec un bel équilibre sur la fraîcheur. Millésime de garde.
  • 2009: Solaire et riche.
  • 2010: Equilibré
  • 2011: Temps chaud pendant les vendanges.
  • 2012: Sécheresse importante. Peu de récolte. Raisins très concentrés.

L’équipe

equipe-deffendsLe domaine reste strictement familial et l’équipe qui produit les vins que vous appréciez est très réduite.

Suzel de Lanversin : Propriétaire avec son mari Jacques depuis la fondation de la propriété. Depuis le décès de Jacques en 2004, elle poursuit seule la conduite de l’entreprise tout en ayant une activité importante au service des Vignerons Indépendants.
Deux de ses enfants, Anne et Emmanuel, l’épaulent dans la gestion du domaine.

Estelle Baudelet : Responsable administratif et Commercial. C’est elle que vous aurez au téléphone ou que vous verrez au magasin.

Franck Alazard : Chef de culture caviste depuis 2014. C’est lui qui veille sur les vignes et fait les vins.

Bernard Husson : Ouvrier agricole originaire des Vosges, il seconde le chef de culture caviste.